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Recette du bouillon haïtien par PHAFO

par Dimitri Jules sur 0 commentaire

Tutoriel du bouillon par PHAFOFOOD

Le bouillon haïtien, c'est la soupe-repas par excellence. Pas une entrée légère, mais un vrai plat principal qui tient au corps : du boeuf qui mijote pendant des heures, des légumes-racines qui fondent dans le bouillon, le tout porté par la profondeur des épices haïtiennes. Préparé avec la Marinade Grangou, il garde toute la saveur traditionnelle de l'epis. C'est le plat des soirs de pluie, des dimanches où on prend le temps, et de tous ceux qui sont malades, parce qu'en Haïti, le bouillon, c'est aussi une médecine.


Ingrédients pour 6 personnes ou 3 personnes affamées

  • 1 kg de boeuf à bouillir, avec os de préférence (jarret, plat de côtes) — peut être remplacé par du cabrit ou une autre viande au choix
  • 3 cuillères à soupe de Marinade Grangou (epis)
  • Le jus de 2 oranges sûres ou 2 limes
  • 2 igname (yam) en gros morceaux
  • 2 malangas pelées et coupées
  • 1 morceau de manioc
  • 2 bananes vertes (plantain/banann)
  • 3 carottes
  • 2 navets
  • 1/4 de chou
  • 1 oignon émincé
  • 1 poireau émincé
  • 2 branches de thym frais
  • 4 clous de girofle
  • 1 piment scotch bonnet entier (optionnel)
  • 2 à 3 litres d'eau
  • Sel et poivre noir au goût

Composition Phafo Marinade Grangou et ingrédients du bouillon


Préparation de la recette

Faire du bouillon, c'est pas très compliqué. C'est juste une question de timing.

1. Laver la viande au jus de citron et à l'eau. Éponger, puis assaisonner avec deux cuillères de Marinade Grangou et le jus d'oranges sûres. Laisser mariner pendant que vous épluchez les légumes (au moins 20 minutes).

2. Dans une grande marmite, mettre la viande marinée avec son jus, l'oignon, le thym, les clous de girofle. Couvrir généreusement d'eau (environ 2 à 3 litres). Porter à ébullition, puis baisser à feu moyen et laisser mijoter 1 heure à 1 h 30, jusqu'à ce que la viande soit tendre. Écumer la mousse qui remonte à la surface.

3. Ajouter les légumes-racines les plus durs en premier : igname, malanga, manioc, bananes vertes. Continuer la cuisson 20 minutes.

4. Ajouter ensuite les carottes, navets, chou et poireau. Ajouter la cuillère de Marinade Grangou restante pour relever, le piment entier (sans le percer pour qu'il parfume sans trop piquer), et le sel. Cuire encore 20 minutes à feu doux. Le bouillon doit être légèrement épais et tous les légumes tendres.

5. Servir bien chaud, dans des bols profonds, avec du Pikliz Phafo à côté et un trait de citron pour ceux qui aiment l'acidité. Voilà, bon appétit!


L'histoire derrière le bouillon

Le bouillon haïtien, c'est la marmite philosophie. Tout y passe, tout y mijote, tout y prend du sens. C'est un plat qui naît de la même logique que la soupe joumou : prendre tout ce qu'on a, le laisser parler ensemble dans le même bouillon, et obtenir un repas qui nourrit pour la journée entière. Sauf que contrairement à la soupe joumou réservée au Premier de l'an, le bouillon, lui, peut se faire n'importe quel jour de la semaine.

Dans les maisons haïtiennes, le bouillon est intimement lié au samedi. C'est le plat du week-end traditionnel : on l'allume tôt, on le laisse couvrir pendant qu'on fait le ménage, et on le mange lentement vers la fin de l'après-midi. C'est aussi le plat médicament : un Haïtien malade reçoit un bouillon de boeuf bien chaud avant n'importe quelle autre médecine. Les abuelas et les manmans le savent : entre le boeuf, les légumes-racines et l'epis, c'est un cocktail nutritif qui remet n'importe qui d'aplomb.

Chaque région et chaque famille a sa préférence sur les ingrédients et la viande. Dans le Nord, on aime le bouillon avec beaucoup de manioc et d'igname. Dans le Sud, on met plus de banane verte. Certains préfèrent le boeuf, d'autres jurent par le cabrit, et on peut même tenter une version végétarienne (un peu triste, mais possible). Le principe reste le même : le bouillon, c'est ce que vous y mettez.

Faire un vrai bouillon, c'est aussi un acte de patience et d'amour. On ne peut pas précipiter ce plat. La viande doit attendrir lentement, les légumes doivent fondre dans le liquide, l'epis doit infuser. C'est un rituel de samedi qui rappelle que parfois, la meilleure cuisine est celle qu'on laisse tranquille un long moment, en se contentant de venir touiller doucement de temps en temps. Le bouillon récompense ceux qui savent attendre.

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